Laisser une trace : quand les conversations deviennent un recueil narratif

Issu d'un accompagnement collectif à l'Institut Rafaël, centre de santé intégrative dédié à l'oncologie

À l’Institut Rafaël, un groupe de parole a donné naissance à un recueil narratif illustré. Une création née du désir de conserver les mots échangés et de transmettre quelque chose de l’expérience vécue ensemble.

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Certaines conversations continuent de nous accompagner longtemps après leur fin. Une phrase revient, une histoire nous touche, une parole entendue permet de reconnaître quelque chose de précieux dans notre propre vie.

Au sein d’un groupe de parole à l’Institut Rafaël, coanimé avec Isabelle Delattre, ces paroles ont progressivement pris la forme d’un recueil : Laisser une trace.

Des paroles auxquelles revenir

Après les rencontres, je réalisais des documentations narratives à partir de nos échanges. Ces écrits reprenaient des réflexions, des expériences et des paroles importantes : les ressources évoquées, les relations qui soutenaient les personnes, leurs talents, leurs espoirs et leurs projets.

Au fil des semaines, plusieurs membres du groupe ont exprimé le souhait de conserver ces textes sous une forme plus durable. Ils souhaitaient pouvoir les retrouver et prolonger ce qui s’était construit ensemble.

L’idée d’un recueil illustré a ainsi émergé au cours du parcours, portée par les participants.

Une création à plusieurs voix

L’une des participantes, scénariste et illustratrice de profession, a proposé de réaliser les illustrations. Cette contribution lui donnait aussi l’occasion de renouer avec une activité créative qu’elle avait progressivement mise à distance pendant la maladie.

Elle a exprimé ce mouvement en quelques mots : « J’ai repris le pinceau grâce à vous, j’en suis heureuse. »

Les textes et les illustrations ont ainsi trouvé leur place dans une œuvre collective. Chacun pouvait y reconnaître quelque chose des rencontres, tout en apportant sa propre sensibilité.

Dans l’introduction, les membres du groupe présentent leur intention : partager la manière dont ils mobilisent leurs ressources, prennent soin d’eux-mêmes et entretiennent leurs liens et leurs espoirs, au milieu de la douleur, de la fatigue ou de la colère.

Ils concluent simplement : « Ce recueil est notre contribution. »

De l’expérience personnelle à la transmission

Cette phrase dit quelque chose d’important du chemin parcouru. Les personnes ont souhaité mettre leurs expériences en circulation et offrir à d’autres une trace de leurs découvertes.

Dans ma lecture de cette aventure, la création du recueil témoigne d’une place qui s’élargit : recevoir du soutien, reconnaître ses propres savoirs, puis choisir ce que l’on souhaite transmettre.

La maladie fait partie des histoires racontées. Les relations, la créativité, l’affection, les valeurs et les projets y trouvent également leur place.

Ce que permet une documentation narrative

En thérapie narrative, une documentation conserve des paroles auxquelles la personne souhaite pouvoir revenir. Elle peut prendre la forme d’une lettre, d’un texte, d’un enregistrement ou, comme ici, d’une création collective.

Relire ces mots peut aider à retrouver une perspective apparue en séance, à se rappeler un appui ou à poursuivre une réflexion. Leur sens peut aussi évoluer avec le temps.

Laisser une trace prolonge cette intention dans un objet partagé. Le recueil garde la mémoire des conversations et ouvre la possibilité de nouvelles rencontres avec leurs lecteurs.

Je vous invite à le découvrir à votre rythme, en vous arrêtant sur les mots ou les images qui vous rejoignent.